En période de canicule en France, chaque entreprise a des obligations : mettre en place pour ses employés des fontaines à eau pour l’hydratation et s’assurer du port des équipements de protection obligatoires : chaussures de sécurité, casques, lunettes et gants de protection. Ahmed, Chef de Projet en Maîtrise d’Œuvre d’Exécution chez AXL nous partage son expertise.


La température impacte-t-elle certains matériaux utilisés  ?

Tout à fait et principalement pour le béton, que nous ne pouvons pas couler dès qu’il fait trop chaud. Lorsque les températures dépassent 25°C, les caractéristiques du béton sont altérées : dessèchement, perte de souplesse, risque de fissures. Pour que le béton garde ses propriétés, on met en place un arrosage régulé et des adjuvants dans le béton si la température monte ; même si le mieux reste d’éviter tout risque.

Quelles sont vos enjeux lors de ces périodes chaudes  ?

Par forte chaleur, les intervenants des différents corps d’état enlèvent leurs équipements. Pour pallier à cela, il y a donc sur chaque chantier un coordinateur dit SPS, en charge de la sécurité. Il fait partie de l’équipe « Maîtrise d’Œuvre » et se réfère directement au Maître d’Ouvrage. Son rôle est de vérifier la bonne application des consignes de sécurité : prévenir, alerter et suspendre les travaux si nécessaire. En tant que Maitre d’Œuvre, mon rôle de prévention s’étend tout au long de l’intervention et les rappels concernant les consignes de sécurité sont constants. Nous devons rester vigilants, notamment en fin de chantier, car c’est le moment où les intervenants sont le plus susceptibles de relâcher leur attention. Les accidents arrivent majoritairement à la fin de chantier.

Tu as une expérience particulière concernant la gestion de la chaleur sur chantier, peux-tu nous en parler  ?

De 2010 à 2012, j’ai participé à un chantier d’envergure (5 km²) en Arabie saoudite. Les températures en journée pouvaient avoisiner les 50°C, bien au-delà des températures d’une canicule en France, donc. Les plannings étaient aménagés pour limiter la pénibilité et protéger les propriétés des matériaux. Nous travaillions en horaires décalés et principalement de nuit : une équipe intervenait tôt le matin et une seconde tard le soir. À la contrainte de la température s’ajoutait donc celle de la visibilité  ! Cette expérience a renforcé mes réflexes et m’a prouvé que je pouvais faire correctement mon travail malgré certaines conditions pénibles.

Quelles sont tes recommandations pour des conditions de travaux optimales sous hautes températures  ?

Sensibiliser, sensibiliser et sensibiliser ! De nombreuses entreprises remplacent la veste de visibilité par un gilet répondant aux mêmes critères et plus léger, c’est une bonne initiative. Chez AXL, nous préconisons d’installer des fontaines à eau à tous les étages et renforçons la prévention en aménageant autant que possible les plannings de travail.